L'un des plus vieux mystères de Super Mario 64 a une nouvelle réponse : selon une analyse informatique publiée par le programmeur Mochi64 et relayée par Video Games Chronicle, la plaque de la statue en forme d'étoile dans la cour du château dit « Eternal Star » sur la première ligne et « We Hope So » sur la seconde, et non « L is Real 2401 », la lecture devenue légende chez les fans.
Comment l'analyse a été menée
La plaque est une texture grise de seulement 32×32 pixels, avec deux lignes de texte de 3 à 5 pixels de haut. À cette taille, agrandir l'image reviendrait à deviner. Le projet a donc fait le chemin inverse : il a simulé la façon dont un artiste du milieu des années 1990 aurait créé la texture, en composant le texte dans une police de l'époque, en le réduisant, en l'adoucissant et en ajustant la luminosité, puis a comparé chaque candidat, pixel par pixel, à la texture originale du jeu. Plus l'écart est faible, meilleure est la correspondance.
Selon VGC, plus de 1,2 million de mots ont été testés. La combinaison « Eternal Star / We Hope So » a obtenu le meilleur résultat, tandis que « L is Real 2401 » présente un écart bien supérieur, environ le double sur la première ligne. Le README du dépôt désigne la police Palatino Bold Italic (1990) comme la mieux adaptée, davantage que la police des dialogues du jeu, et indique qu'une recherche de contrôle avec des polices modernes n'a rien donné de comparable. Les mots « Eternal », « Star » et « hope » sont les mieux soutenus ; « so » est la meilleure correspondance, mais avec une marge plus faible.
Pourquoi l'affaire est célèbre
La théorie « L is Real 2401 » s'est liée à l'idée que Luigi serait jouable dans Mario 64. Il existe une base réelle à la discussion : des propos de Shigeru Miyamoto en 1996 indiquent que Luigi était prévu comme second personnage jouable et supprimé tard dans le développement, et des images du salon Space World 1995 pourraient montrer les deux personnages. Mais cela ne prouve rien sur ce que dit la plaque.
Code ouvert et « plaque challenge »
Le code est sur GitHub sous licence MIT. Le README précise qu'il ne distribue ni données, ni textures, ni polices de Nintendo, et que quiconque veut exécuter le projet doit fournir sa propre ROM et ses propres polices. Le dépôt comprend aussi un « plaque challenge » : l'auteur invite la communauté à tenter de battre le score avec une autre lecture ou à cacher un mot secret pour tromper le décodeur. Le README ne dit pas si des outils d'IA ont été utilisés, et l'article de VGC parle d'« analyse informatique ».
Ce que l'on ne sait pas encore
- Confirmation : Nintendo ne s'est pas exprimée et, selon VGC, il est peu probable qu'elle confirme le sens du message.
- Vérification indépendante : le résultat vient de l'auteur et du rapport du projet ; d'autres chercheurs peuvent encore tester des lectures alternatives avec le même code.
- Signification : même si le texte est juste, la raison de cette phrase reste ouverte.